Cleveland est de retour !

Franz Welser-Möst et l'Orchestre de Cleveland : noces d'étain en 2012-2013 (Photo : Jennifer Taylor)

L’Orchestre de Cleveland à Paris, c’est avant tout un magnifique souvenir de concert de la saison 2009-2010 au Théâtre des Champs-Elysées. Un splendide programme Debussy-Haydn-Chostakovitch, une prestation étourdissante de l’orchestre… et pour ce qui me concerne un gigantesque moment de solitude, dès l’instant où j’ai souhaité lancer (tout seul) une standing ovation depuis le premier rang de l’orchestre où je m’étais faufilé à l’entracte. À partir de là, c’est très simple : Franz Welser-Möst revient sur scène, me regarde. Coup d’œil du chef à la salle : personne ne suit le mouvement, bon. Il me regarde de nouveau. Il est gêné, j’ai l’air idiot. Echange de regards, un petit signe de tête de sa part (me v’là aux anges, l’air idiot, toujours), il remonte sur le podium et lance le Prélude de Lohengrin, magique. La salle garde le silence après le dernier accord, applaudissements nourris, je ne prends pas le risque de m’afficher une deuxième fois. Rappelons que statistiquement, quatre spectateurs sur cinq debout pendant les applaudissements ramassent leur manteau dans les quinze secondes qui suivent et quittent la salle. Bref, comme a certainement voulu me le signifier Franz Welser-Möst, c’est beau, l’enthousiasme, mais ça sert à rien. Lire la suite »


Eh bien, dansez maintenant, camarades !

Avec Kirill Kondrachine, Gennadi Rozhdestvensky a sans douté été le meilleur représentant de l’art soviétique de la direction d’orchestre derrière le rideau de fer. L’un surtout sur le continent, l’autre en Angleterre, où ses concerts avec le Philharmonique de Léningrad ont rendu littéralement dingue le public londonien du Royal Albert Hall. Retour aux années 60, aux malentendus et aux crispations géo-politiques que les artistes soviétiques essayaient tant bien que mal de désamorcer. Londres a appris son Chostakovitch (la Quatrième, la Douzième, jamais entendues en Angleterre jusqu’alors), Tchaïkovsky l’a fait rugir d’enthousiasme (sans exagération – il fallait absolument être à ces Proms de 1971 !). Sont venus ensuite Prokofiev, Glinka, Moussorgsky. Mais c’était déjà une autre époque : Brejnev avait remplacé depuis belle lurette le camarade Khrouchtchev. Et le monde musical lui-même célébrait la Détente dès 1978, avec les nominations conjointes de Kondrachine à la tête du Concertgebouw (qu’il partagea avec Haitink) et de Rozhdestvensky au BBC Symphony Orchestra. Time for change. Lire la suite »


Alexandre Nevsky, une guest-star à Pleyel

Yoel Levi, chef principal de l'ONIDF (Photo : Michel Chassat)

Evoluant un peu partout en région parisienne, l’Orchestre National d’Île-de-France se fait assez rare à la salle Pleyel. Il était hier soir question de musique russe et hongroise, dans ce programme xxe siècle concocté par le chef Yoel Levi, et sous-titré « Nevsky ». Tout récemment, c’était Gianandrea Noseda, Elena Zhidkova, le Chœur et l’Orchestre de Paris qui s’étaient emparés de la partition de Sergeï Prokofiev : un bon concert de fin de saison, où figurait, comme hier soir, un concerto pour violon. Viktoria Mullova dans le concerto de Sibelius au mois de juin, et Valeriy Sokolov dans le Concerto pour violon n°2 de Béla Bartók, ce 18 octobre. Lire la suite »


Leo, Tchaïko, Paavo : bravo !

Paavo Järvi révèle Tubin et Rott à Pleyel (Photo : Marc Lyons)

Sacré Paavo Järvi. Après une longue tournée européenne en compagnie de son Orchestre de la Radio de Francfort (et Khatia Buniatishvili en soliste, de Vienne à Prague – le petit veinard !), le chef estonien retrouve l’Orchestre de Paris pour une belle série de concerts, avec en point de mire la tournée du mois de novembre qui emmènera les instrumentistes parisiens jusqu’en Asie ! Pour l’heure, on innove : Paavo Järvi propose deux œuvres rares au public de la salle Pleyel, la Symphonie n°11 (1982, complétée en 87) de son compatriote Eduard Tubin, et la Symphonie en mi majeur de Hans Rott (1880). Entre les deux, le violoniste Léonidas Kavakos dans le concerto de Tchaïkovsky (1878, et créé trois ans plus tard). De quoi effacer le souvenir quelque peu décevant du concert d’ouverture de l’orchestre, au mois de septembre. Lire la suite »


La tournée italienne du Philhar’ !

Encore un beau succès pour Myung-Whun Chung et l'Orchestre Philharmonique de Radio-France ! (Photo : Christophe Abramowitz)

Il y a des détails qui ne trompent pas : un petit air de dolce vita s’était invité à la salle Pleyel ce premier vendredi d’octobre, histoire de vaincre le froid polaire qui sévissait dans Paris. Une file compacte d’aficionados patiente pour s’arracher les places de dernière minute ; il faut dire que ce soir, le Philharmonique de Radio-France s’est offert un programme « détente ». Roméo et Juliette de Berlioz, la Symphonie « Italienne » de Mendelssohn, Guillaume Tell de Rossini : répertoire à l’ancienne… (La semaine prochaine, couplage Stravinsky-Widman, ça risque de moins plaisanter) Petite carte postale d’Italie, toute ensoleillée : la Vérone romantisée de Berlioz, le souvenir palpitant de Mendelssohn, et un peu de musique italienne pour conclure, toute suisse que soit l’histoire qu’elle accompagne (une ouverture à la fin ? mais oui, mais oui). Et puis il y a cet ange du bizarre qui flotte doucettement dans le hall de Pleyel, juste avant l’ouverture de la salle : un trompettiste invisible et solitaire qui s’essaye à la fanfare de Guillaume Tell, égrène quelques notes du Concerto pour piano, trompette et cordes de Chostakovitch ou se lance dans une transcription inédite de The Lark Ascending de Vaughan Williams (?!) ; mais il finit par se faire un ami : un cor vient pousser quelques notes plaintives tout près de lui… Lire la suite »


Berlioz-Beecham, l’entente cordiale

Bien avant sir Colin Davis et sir John Eliot Gardiner, la musique d’Hector Berlioz a pu compter sur un chef de la trempe de sir Thomas Beecham pour établir et défendre sa réputation outre-Manche. 1915 : l’année de la toute première Symphonie Fantastique du maestro anglais, au moment même où il devient directeur de l’Orchestre Symphonique de Londres et de l’Orchestre Hallé de Manchester ! Au fil du temps, Beecham impose le Te Deum, la Grande Messe des morts, L’Enfance du Christ à un public anglais qui n’en avait pour ainsi dire jamais entendu la moindre note. Un pari risqué ? « En règle générale, les Britanniques ne font pas vraiment grand cas de la musique, mais ils adorent le bruit qu’elle fait », avait l’habitude de plaisanter Sir Thomas. Quoi qu’il en soit, la musique de Berlioz résonne dans le monde entier au fil de ses déplacement, avec une petite préférence pour Le Corsaire ou la Marche Royale des Troyens, régulièrement choisis pour ouvrir le concert ou servir de bis, et enregistrés bien avant la Fantastique. Beecham patiente jusqu’en 1957 pour confier aux micros d’EMI sa première vision de l’Opus 14, avec l’Orchestre National de l’ORTF, avant de récidiver en décembre 1959. C’est d’ailleurs ce grand classique, presque testamentaire (Beecham se retire des podiums en mai 1960), qui a récemment remporté l’adhésion des participants au Jardin des critiques de France Musique. La Tribune des critiques de disque avait quant à elle primé la version new-yorkaise de Bernstein ! Alors écoutons voir… Lire la suite »


Confidences à la musique

Jesus Lopez-Cobos, une première à l'Orchestre de Paris !

Que de nouveautés à l’Orchestre de Paris en l’espace de deux concerts : deux nouvelles œuvres à leur répertoire, dirigées par un chef (Jesus Lopez-Cobos) qui, en même temps qu’il fait connaissance avec l’orchestre parisien, accompagne un tout jeune soliste (Menahem Pressler, 87 ans !) pour ses débuts avec l’ODP. Sans oublier la première apparition du Chœur de l’Orchestre de Paris cette saison, et de Lionel Sow, tout récemment nommé à la tête de cette formation. Ne manque que le public : en ce beau dimanche après-midi, les parisiens ont préféré bouder la salle Pleyel, pleine aux trois-quarts ; tant pis pour eux. Lire la suite »


Budapest-New York, aller-retour

Myung-Whun Chung, onzième année à la tête du Philhar' !

Programme hongro-américain pour Myung-Whun Chung, Garrick Ohlsson et l’Orchestre Philharmonique de Radio-France en concert à la salle Pleyel, ce 30 septembre 2011. Trois figures de la musique du xxe siècle, et un programme qui se fraye un chemin entre leurs différentes sensibilités musicales : les rythmes populaires des Danses de Galanta de Zoltán Kodály (1933), Samuel Barber condensant dans son Concerto pour piano (1962) toutes ses expérimentations stylistiques, et le Concerto pour orchestre Béla Bartók (1943), où la virtuosité et la somputosité orchestrale se prêtent à toutes les contorsions possibles. Un régal pour le public, mais un vrai parcours du combattant pour l’orchestre : nuances, virtuosité, précision, le toutim. Lire la suite »


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.