Cendrillon, enfin le bonheur ?
Publié : 30/11/2011 Classé dans : Bastille / Garnier, Opéra | Tags: Bastille / Garnier, Bruno Campanella, Carlos Chausson, Cenerentola, Compositeurs italiens, Javier Camarena, Jean-Pierre Ponnelle, Karine Deshayes, Opéra de Paris, Rossini Poster un commentaire »Mélomanes et ballettomanes parisiens, en cette fin d’année, vous avez le choix. Deux scènes, deux versions de l’histoire de Cendrillon : la féérie hollywoodienne de Rudolf Noureev sur une musique de Prokofiev à Bastille, ou bien l’hommage rendu à Jean-Pierre Ponnelle dont la Cenerentola rossinienne vient d’être créée à Garnier, près de quarante ans après les premières représentations sous la baguette de Claudio Abbado à l’Opéra de Münich. Ce n’est pourtant là que la troisième production de la Cenerentola montée à l’Opéra de Paris, depuis son entrée au répertoire en 1977. La pauvre Angelina n’aurait donc pas la cote de Figaro, ni même celle d’Isabella ? La faute à un livret « mal bâti », nous dit Gérard Mannoni, pour Altamusica (et par ailleurs très enthousiaste, au même titre qu’André Tubeuf et Marie-Aude Roux). Il n’empêche, Rossini et son librettiste Ferretti ont réalisé un vrai petit tour de force en mijotant à leur sauce (gaie et malicieuse) des ingrédients et des thèmes chers à la tradition moribonde de l’opera seria (tout de même : le poncif de la femme vertueuse qui pardonne à ceux qui l’ont offensée, le prince souhaitant émuler cette vertu, la méchanceté punie, l’amour comme couronnement de la bonté, le tout sous l’œil bienveillant de Dieu, c’est du Métastase pur sucre ! (l’horreur)). Lire la suite »
Seul(s) avec Bach
Publié : 26/11/2011 Classé dans : Récital, Violon, violoncelle | Tags: Auditorium du Louvre, Compositeurs austro-allemands, Jean-Sébastien Bach, Pieter Wispelwey, Suites pour violoncelle seul 1 Commentaire »Il faut peut-être en faire une fois l’expérience dans sa vie pour en être sûr : assister une intégrale des Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach, c’est sans doute avoir pour unique certitude d’oublier son ego l’espace d’un récital. Salle comble ce vendredi 25 novembre à l’Auditorium du Louvre : les acharnés de l’instrument sont là (comment joue l’élève d’Anner Bylsma ? on veut en avoir le cœur net), tout comme les figures familières de Pleyel et les bloggeurs de renom. Des messieurs en veste pied-de-poule, et des dames bizarrement chignonées, des connaisseurs, des néophytes : le public est venu nombreux, et peut-être plus attiré par l’affiche que par l’interprète (plus rares, les intégrales des Sonates et Partitas pour violon seul et des Partitas pour clavier se seraient tout de même taillées le même succès, j’imagine). Mais autant l’avouer tout de suite : étant très intimidé par l’œuvre de Bach, je suis loin de connaître ce répertoire autant que je le voudrais. Comme beaucoup, je suis venu avec une lointaine référence dans l’oreille : Pierre Fournier, en l’occurrence, mais on murmure aussi les noms de Tortelier, Casals et Navarra. On évoque aussi l’interprète du soir : Pieter Wispelwey, « belle référence moderne », « personnelle », « déroutante », « pas académique pour un sou ». Pour ma part, j’ai l’impression de me rendre à une blind date, ignorant tout ce que cette musique pourra bien me dire. Lire la suite »
Monuments hystériques
Publié : 24/11/2011 Classé dans : Disques, Légendes d'hier, Répertoire symphonique | Tags: Berlin Classics, Compositeurs austro-allemands, Compositeurs russes, Hermann Abendroth, Leipzig, Robert Schumann, RS - Symphonies, Tchaïko - Symphonies n°4 à 6, Tchaïkovsky 2 Commentaires »
Prenez deux Symphonies n°4 du répertoire traditionnel des orchestres : celle de Tchaïkovsky, celle de Schumann (ce disque – mais Abendroth a également enregistré celles de Brahms, Bruckner et Beethoven ; et la recette fonctionne aussi). Puis pensez à votre interprétation préférée de l’Opus 36 et celle de l’Opus 120 : allez, le chic de Beecham ou la rigueur de Mravinsky pour le premier ? Et pour le deuxième, Szell à Cleveland (en 1947), et le concert pétillant de Karl Böhm à Salzbourg, en 1975. Des valeurs sûres, des outsiders : mélangez le tout, incorporez quelques beaux souvenirs de concerts jusqu’à vous faire la meilleure idée possible de ces œuvres, et de la manière dont on les joue. Puis faites l’expérience de ces deux symphonies avec Hermann Abendroth : un peu plus d’une heure de musique à très haute température. Et seulement deux mots pour la décrire : « Gurgl », et « Wahow ». Imparable. Lire la suite »
Herreweghe, quand le chœur parle
Publié : 16/11/2011 Classé dans : Concerts, Répertoire choral et vocal | Tags: Accademia Chigiana Siena, Beethoven, Benjamin Hulett, Collegium Vocal de Gand, Compositeurs austro-allemands, David Wilson-Johnson, Gerhild Romberger, LvB - Opus 123, Marlis Petersen, Orchestre des Champs-Elysées, Philippe Herreweghe, TCE 4 Commentaires »Philippe Herreweghe a beau avoir récemment fondé son propre label, Phi, ce sont bien ses anciens enregistrements Harmonia Mundi qui attiraient l’œil des nombreux spectateurs pressés devant la boutique du Théâtre des Champs-Elysées. Parmi eux, son enregistrement d’octobre 1995 de la Missa solemnis de Beethoven, au programme de cette soirée du 14 novembre au TCE. Sur scène, la formation créée par Herreweghe voilà une vingtaine d’années, l’Orchestre des Champs-Elysées (qui enregistrera prochainement l’œuvre avec son chef tutélaire), et côté chœurs, le Collegium Vocal de Gand (une autre création du chef flamand, remontant au années 70) accompagné de l’Accademia Chigiana Siena. Pour ma part, ce fut véritable découverte, m’étant toujours tenu soigneusement à l’écart de l’opus 123 de Beethoven. Peut-être impressionné par les quelques extraits que j’avais pu entendre jusqu’ici, je rangeais cette œuvre auprès de la Grande Messe en ut mineur de Mozart, l’un de ces monuments classiques du répertoire religieux que l’on regarde toujours avec une certaine révérence. Lire la suite »
Płeyęl, terre polonaise !
Publié : 13/11/2011 Classé dans : Concerts, Jeune génération, Piano, Répertoire concertant, Répertoire symphonique, Salle Pleyel | Tags: Chopin - Opus 21, Compositeurs austro-allemands, Compositeurs d'Europe centrale, Felix Mendelssohn, FMB - Opus 90, Frédéric Chopin, Grzegorz Nowak, Rafal Blechacz, Salle Pleyel, Sinfonia Varsovia, Szymanowski 3 Commentaires »Avec la présence dans la salle de l’ambassadeur de Pologne en France, la diplomatie franco-polonaise s’était invitée salle Pleyel. Soirée aux couleurs du pays de l’Aigle blanc : orchestre (Sinfonia Varsovia), chef (Grzegorz Nowak), soliste (Rafal Blechacz) et première partie de programme 100 % polonaise (Szymanowski, Chopin). Beaucoup d’officiels dans la salle (les rosettes fleurissaient comme jamais) et certainement quelques peoples (mes compétences en la matière restant limitées, c’est à peine si j’ai spotté Pierre Douglas – on fait ce qu’on peut), mais il y avait encore quelques petites places stratégiques à dénicher dans les premiers rangs. Signalons juste qu’en ce jour d’armistice et de paix en Europe, la vente des quelques places restantes en 5ème catégorie faillit bien virer au pugilat entre les deux factions rivales des « pleinistes » et des « réduitistes », les premiers grillant la politesse aux seconds dans la file d’attente. Détente complète une fois dans la salle, quelques flashes des photographes invités crépitent par-ci par-là, et un caméraman astucieusement déguisé en plombier avec sa salopette de Super Mario filme quelques plans du public, du chef et des musiciens aux noms joyeusement imprononçables (ça passe encore avec Karolina Stalmachowska, la ravissante hautboïste solo de la formation, mais ça se complique avec Jakub Waszczeniuk, trompette et ça devient carrément de la haute voltige avec Zbigniew Wytrykowski, du pupitre de seconds violons). Lire la suite »
Trois enfants du siècle à Pleyel
Publié : 11/11/2011 Classé dans : Concerts, Orchestre de Paris, Répertoire concertant, Répertoire symphonique, Salle Pleyel, Violon, violoncelle | Tags: Akiko Suwanai, Berlioz, Carl Maria von Weber, Compositeurs austro-allemands, Compositeurs français, Der Freischütz, Felix Mendelssohn, FMB - Opus 64, Orchestre de Paris, Paavo Järvi, Salle Pleyel, Symphonie Fantastique Poster un commentaire »Weber, Mendelssohn, Berlioz : trois insignes représentants du romantisme européen étaient à l’honneur à Pleyel ce jeudi 10 novembre. À la veille du grand départ de l’Orchestre de Paris pour l’Extrême-Orient (10 dates en Chine, au Japon et en Corée du Sud), Paavo Järvi fait réviser leur XIXe siècle à ses instrumentistes parisiens et propose au public un programme très séduisant, qui s’extirpe des méandres de la forêt romantique pour finir dans le sinistre cimetière du Songe d’une nuit de sabbat. Le cours de géographie romantique commençait ce soir avec l’ouverture du Freischütz de Weber, dont la renommée en France fut assurée par un de ses fervents admirateurs (et réorchestrateurs, accessoirement), Berlioz en personne. Pièce à ambiances, à personnages, à effets de théâtre, où l’Orchestre de Paris semble un peu en rodage. C’est fouillis par endroits, très enlevé à d’autres, et pas toujours très contrôlé dans l’introduction, où les quatre cornistes menés par André Cazalet donnent parfois l’impression de naviguer à vue. À l’inverse, la toujours somptueuse clarinette de Philippe Berrod campe parfaitement la figure de Max : splendide intervention forte, pavillon levé bien haut, comme un cri de douleur, par-dessus l’accompagnement aux cordes. Ces dernières sont par ailleurs un peu à la peine en ce début de concert, mais la soirée ne fait précisément que commencer… Lire la suite »
Lenny the Kid
Publié : 09/11/2011 Classé dans : Disques, Légendes d'hier, Piano, Répertoire concertant, Répertoire symphonique | Tags: Boston, Compositeurs français, Compositeurs russes, Compositeurs US, Concerto en sol, Copland, Gershwin, Leonard Bernstein, Milhaud, Nan Merriman, Philharmonia Orchestra, Ravel, RCA Victor, Saint Louis, Stravinsky, Un Américain à Paris Poster un commentaire »Vous ne rêvez pas : c’est bien Leonard
Bernstein qui est représenté sur la pochette électro-punk expérimentale de ce double CD publié chez RCA et consacré aux jeunes années du chef américain. 1946-49 : Lenny à l’aube de ses trente ans. Les fifties n’ont même pas commencé que le petit gars du Massachusetts s’est déjà fait un nom dans tout le pays, presque sur un coup de chance. 14 novembre 1943, un dimanche. Tôt le matin, un coup de téléphone. Bernstein décroche : à l’autre bout du fil, Bruno Zirato, directeur de Carnegie Hall. L’heure est grave : Bruno Walter, qui devait diriger le New Philharmonic ce jour-là, est tombé malade. Impossible d’annuler : le concert est retransmis dans tout le pays. Zirato se tourne donc vers le chef assistant de l’orchestre, Lenny, nommé à ce poste quelques mois plus tôt. À trois heures de l’après-midi, ce jour-là, Bernstein fait son entrée dans la grande salle de Carnegie Hall. C’est à peine s’il a eu le temps de parler des œuvres au programme avec Bruno Walter : l’Ouverture Manfred, de Robert Schumann, et Don Quixote de Richard Strauss, entre autres. Plus tard, Bernstein avouera ne plus se souvenir que des applaudissements d’un public qui venait de se trouver une nouvelle idole : Leonard Bernstein, jeune diplômé de Harvard et du Curtis Institute de Philadelphie, 25 ans. Lire la suite »






