D’un cahier d’évidences

The one and only Leonidas Kavakos

The one and only Leonidas Kavakos

Sans doute la trouverez-vous péremptoire, contestable, partiale, naïve, imparfaite, inutile, confuse, prosélyte, incomplète ou désinvolte. Sans doute aurez-vous raison. Sans doute y avait-il mieux à écrire, et d’une toute autre manière. La voici tout de même, cette liste d’impressions éparses inspirée par la soirée de ce 25 avril, salle Pleyel, sur le mode de l’évidence, car l’exprimer autrement serait impossible. Disons donc :

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Brahms : ça va beaucoup mieux

Yuja Wang. Brahmsienne ?

Yuja Wang. Brahmsienne ?

Rien n’intrigue autant que les goûts d’un mélomane. Qu’il s’enthousiasme ou qu’il s’agace, cet animal étrange emprunte dans ses passions d’innombrables chemins bien difficiles à sonder. Doués d’autant de déraison que de mauvaise foi, concertivores et discophages aiment et détestent en suivant pour seul guide ce qui chante à leur oreille. Et si certains délaisseront peut-être demain ce qu’ils adorent aujourd’hui, qui sait si d’autres n’iront pas chérir ce qu’hier encore ils regardaient d’un œil sévère ? Nul n’est à l’abri d’un violent retour de flamme : sans doute aurais-je dû me méfier davantage. Il allait pourtant suffire d’un Concerto en ré mineur saisi au vol sous les doigts de Clifford Curzon et d’entendre Jeanne Moreau se mêler aux six voix de l’Allegro ma non troppo de l’Opus 18 pour qu’une brèche s’ouvre dans mon désintérêt farouche pour la musique de Brahms. Lire la suite »


Mozart sous Temesta, Tchaïko sous EPO

JVZ, une première à l'ODP (Photo : Bert Huselmans)

JVZ, une première à l’ODP (Photo : Bert Huselmans)

En attendant de retrouver son directeur musical, Paavo Järvi, parti diriger les deux autres formations placées sous sa férule, l’Orchestre de Paris s’achemine vers 2013 en compagnie de ses chefs invités. Après James Conlon puis Peter Oudjian (et avant Mikko Franck, remplaçant Boulez), c’était au tour de Jaap van Zweden d’officier au pupitre de la phalange parisienne dans la Symphonie concertante de Mozart et la fresque symphonique Manfred, signée Piotr Tchaïkovsky. Ancien konzertmeister du Concertgebouw d’Amsterdam, responsable d’orchestres à Dallas et à Hong Kong, le chef néerlandais n’est pourtant pas inconnu des scènes françaises. Après des concerts avec le Capitole de Toulouse, au début de notre siècle, Zweden a eu plusieurs fois l’occasion de diriger le National (c’était d’ailleurs le cas la saison dernière). Face à lui (cerise sur le gâteau), deux des solistes-chouchous de la blogosphère : Roland Daugareil et Ana Bela Chaves, respectivement violon et alto solo de l’orchestre. Lire la suite »


Ritournelles de la fin

Fin de saison pour Paavo Järvi et l’OdP

Il n’est, dit-on, de bonne compagnie qui ne se quitte. Les orchestres ne font pas exception mais c’est toujours avec un petit pincement au cœur que l’on prend congé pour plusieurs semaines de la formation en résidence – a fortiori quand leur salle de concerts attitrée est devenue au fil du temps comme une espèce de seconde maison. On apprend à reconnaître les nouvelles têtes parfois remplacer les instrumentistes qu’on cherchait immanquablement du regard, on développe une sympathie particulière pour un contrebassiste, un bassoniste, une violoncelliste : cet orchestre-là rappelle à chaque instant que la musique est bien l’affaire d’un groupe qui additionne sous nos yeux une centaines d’individualités. Il faut, comme Christian Merlin dans son récent ouvrage ou Klari dans sa formidable déclaration d’amour au COE, avoir le courage de s’y plonger, de décortiquer l’un après l’autre la centaine d’échos qui forment l’instant musical. C’est une forme d’oreille absolue qui demeure pour mon écoute profane un idéal inaccessible : reparcourir le déroulement d’un concert comme j’essaierai de le faire des les paragraphes qui vont suivre ne pourra – au mieux – qu’effleurer la surface de ce mystère musical qu’est l’orchestre. Lire la suite »


Vers la flamme

Vladimir Jurowski – le feu.

Le dernier concert parisien du LPO, le 21 mai 2011, m’avait rappelé deux évidences : 1/ que fort de bientôt quatre vingts ans d’existence, le London Philharmonic figurait au rang des tous meilleurs orchestres au monde ; 2/ que son Principal Conductor, le pas encore quadra Vladimir Jurowski, était sans contestation l’un des tous meilleurs chefs qui m’ait été donné de voir dans ma jeune existence de mélomane – le plus impressionnant, en tout cas. La soirée du lundi 11 juin 2012, elle, m’a surtout fait saisir le degré d’accomplissement musical que peut offrir la parfaite symbiose d’un chef et de ses musiciens. Le concert cesse alors d’être l’enchaînement mécanique d’entrées et de sorties de scène, de notes et d’applaudissements. Voilà qu’il se pare d’une épaisseur, qu’il appelle l’analyse, qu’il invite à résoudre une énigme. S’esquisse une autre dimension de la pratique musicale – laquelle n’est plus une simple émotion mais un discours – qui laisse le bloggeur amateur que je suis à la fois fasciné et frustré – de vouloir sans savoir dire. Lire la suite »


Concert impromptu sur des thèmes russes

Rozhdestvsenky joue Prokofiev et Chostakovitch : les âmes fortes

Ce n’est pas que je ne voulais pas voir diriger Gennadi Rozhdestvensky. Pour avoir découvert grâce à lui pas mal d’œuvres de la musique russe (une partie infinitésimale de son immmmmmense répertoire – la rédaction de ResMusica en donnait encore récemment un aperçu assez étourdissant), j’étais très heureux d’apprendre que je n’aurais pas à attendre le mois d’octobre prochain pour l’écouter diriger Chostakovitch avec l’OdP. Subsista seulement un sacré pincement au cœur de savoir Mikko Franck contraint d’annuler une fois encore l’un de ses concerts parisiens. Cas de force majeure oblige, Printemps de Debussy disparaît du programme de ce concert sans filet, sans trop de répétitions, presque improvisé – l’idéal même du concert, de l’aveu de Rozhdestvensky lui-même, dans un drôle de petit sourire. Lire la suite »


Trois Mozart, sinon rien

Jérémie Rhorer, 100% mozartien (Photo : Dieter Nagl)

« Mais quel âge il a, le chef, il fait tout jeune ! » La question court dans tout le parterre au moment où Jérémie Rhorer rejoint le Cercle de l’Harmonie sur le plateau du Théâtre des Champs-Elysées, remplaçant illico les « On dit Rhoraire ou Rhoreur ? » qui se distinguaient encore dans le brouhaha de la salle. L’orchestre du jeune chef (même pas quadragénaire, étant né en 1973 – voilà une première affaire élucidée) laisse apercevoir moultes figures sympathiques, à commencer par celle de son premier violon Julien Chauvin, soliste du Concerto en sol majeur de Mozart. C’est la séance de rattrapage pour tous ceux qui n’ont pas pu assister aux représentations de Così fan tutte, avec dans sa distribution le baryton Markus Werba, soliste de la Messe du Couronnement prévue en seconde partie du concert. Lire la suite »


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