Vers la flamme

Vladimir Jurowski – le feu.

Le dernier concert parisien du LPO, le 21 mai 2011, m’avait rappelé deux évidences : 1/ que fort de bientôt quatre vingts ans d’existence, le London Philharmonic figurait au rang des tous meilleurs orchestres au monde ; 2/ que son Principal Conductor, le pas encore quadra Vladimir Jurowski, était sans contestation l’un des tous meilleurs chefs qui m’ait été donné de voir dans ma jeune existence de mélomane – le plus impressionnant, en tout cas. La soirée du lundi 11 juin 2012, elle, m’a surtout fait saisir le degré d’accomplissement musical que peut offrir la parfaite symbiose d’un chef et de ses musiciens. Le concert cesse alors d’être l’enchaînement mécanique d’entrées et de sorties de scène, de notes et d’applaudissements. Voilà qu’il se pare d’une épaisseur, qu’il appelle l’analyse, qu’il invite à résoudre une énigme. S’esquisse une autre dimension de la pratique musicale – laquelle n’est plus une simple émotion mais un discours – qui laisse le bloggeur amateur que je suis à la fois fasciné et frustré – de vouloir sans savoir dire. Lire la suite »


Le dieu du carnage

« Tout le monde ne peut pas diriger Mahler. Mais comme lui, j’ai eu une vie difficile. » Cette phrase pourrait être de Leonard Bernstein. Dans les faits, elle est de Klaus Tennstedt, mahlérien tardif mais passionné, et stupéfiant. Tennstedt aura servi Mahler avec autant de dévotion que son homologue américain, son exact contraire. L’extraversion de Lenny n’avait visiblement d’égale que la réserve de Tennstedt – à l’un la lumière, à l’autre la part d’ombre. Mahler n’a pourtant pas souffert d’être interprété par un homme aussi modeste, et aussi aimé de ses musiciens. La Symphonie n°6 exige certainement un esprit de sacrifice, peut-être davantage que toutes ses sœurs du cycle mahlérien ; dévoré par le cancer depuis qu’il avait enfin la reconnaissance qu’il méritait, Tennstedt semble d’ailleurs toujours avoir intimement senti dans le fatalisme de l’opus en la mineur une force qui lui était familière. Elle transparaît au disque, dans ce qui constitue sans doute le sommet de son intégrale pour EMI, et en concert. Mieux que transparaître, elle éclate. Lire la suite »


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